Les Syndicats d’enseignants sonnent l’alarme

 

Jonah Engle, 8 mai 2010

Montréal – Charter schools, coupures budgétaires, accès inégal à l’éducation… Chaque pays à ses propres problèmes, mais les représentants de syndicats de l’enseignement canadiens, américains et mexicains avaient un message commun à la 9e conférence trinationale tenue à l’UQAM cette fin de semaine; l’éducation publique est prise d’assaut.


La Coalition trinationale fut formée en 1993, à l’aube de l’implémentation de l’accord de l’ALENA, à une époque où la privatisation des services publics était de plus en plus en vogue. L’objectif de la coalition était d’assurer que l’accès à l’éducation soit garanti comme droit social.


Jorge Cazares Torres à dit que depuis l’adoption de l’ALENA, le système d’éducation publique au Mexique se détériore.


Le syndicaliste et professeur à l’école primaire dans l’État mexicain de Michoacan a dit que « de plus en plus, le gouvernement laisse la place au secteur privé ». Selon un rapport de l’UNESCO, le Mexique devrait investir 8 pour cent de son PIB dans l’éducation, mais en réalité il y consacre moins de 4 pour cent.


L’effet, selon Torres, c’est que tandis que la population du Mexique augmente de 2 pour cent par année, le nombre d’écoles publiques d’enseignement supérieur n’a pas grimpé, mais les écoles privées se multiplient.


Ces écoles sont souvent trop chères et les institutions publiques non plus assez de place pour répondre à la demande. « 91 pour cent des gens qui prennent le test d’admission de l’UNAM (la plus grande université en Amérique latine), ne sont pas acceptés », a dit Abraham Guzman, chef du syndicat des professeurs de l’Université autonome de la ville de Mexico.


Mais selon ces deux syndicalistes, le problème n’est pas seulement l’orientation du gouvernement, ils dénoncent les plus haut placés du mouvement syndicaliste au Mexique. « Ils sont antidémocratiques et corrompus », dit M. Torres, qui les accuse de coucher avec le gouvernement.


À titre d’exemple, M. Torres a dit que le gouvernement a acheté 200,000 laptops pour distribuer au professeur à travers le pays. « Le gouvernement a payé le double de la valeur et a partagé l’excédent avec les chefs des Syndicats ».


Aux États-Unis la menace vient de l’explosion du nombre de charter schools, selon Rosemary Lee du syndicat United Teachers Los Angeles.


Devant des écoles publiques non performantes et sous-financées dans des quartiers défavorisés, des compagnies privées entrent dans le marché de l’éducation.


Ces écoles sont financées par le gouvernement, mais gérées par des compagnies privées.


Selon Socoroo Samaniege, qui a travaillé dans une de ces institutions avant de démissionner au mois d’avril, ces écoles sont obsédées par les tests standardisés et les professeurs, tous non syndiqués, ne sont pas respectés.


Au Québec la situation est moins grave admet Jean Trudelle mais, « c’est pas où l’on est, mais où l’on s’en va », a dit le Président du comité exécutif de la FNEEQ. Et selon lui et d’autres syndicalistes québécois et canadiens, la tendance vers la privatisation que l’on voit au Mexique et aux États-Unis, existe aussi ici.


Selon bon nombre des conférenciers, ce qu’il faut pour résoudre cette crise perpétuelle c’est d’établir une source de financement pour l’éducation publique qui n’est pas menacée par les crises financières et qui garanti des budgets scolaires égaux tant dans des quartiers riches que défavorisés.

 
 
 

next >

< previous