Droits de l’homme: Le Canada pointé du doigt
Droits de l’homme: Le Canada pointé du doigt
Jonah Engle, 24 avril 2010
Montréal – Amnistie internationale a donné une note d’échec au Canada cette fin de semaine.
Pour la première fois dans son histoire de plus de trente ans, l’assemblée générale annuelle d’Aministie Internationale du Canada Francophone a eu lieu sur le thème des droits humains et le Canada.
Cette décision a été prise pour souligner le dérapage du gouvernement sur le respect des droits humains tant au Canada qu’a l’étranger, a expliqué Anne Sainte-Marie, porte-parole de l’organisme internationale, dimanche à l’université McGill où se tenait l’assemblée annuelle.
« Le Diable est aux vaches, » a dit Sainte-Marie, citant entre autres le mauvais traitement de détenus en Afghanistan, l’abandon des Canadiens à l’étranger condamnés à mort, ainsi que la déportation de citoyens canadiens dans des pays où ils ont été torturés.
Un de ces derniers, Maher Arar était l’invité de l’assemblée dimanche, siégeant sur un panel intitulé « la protection des citoyens ici et à l’étranger ». L’ingénieur canadien d’origine syrienne fut déporté en 2002 par le gouvernement américain. Durant sa détention de presque un an dans une prison syrienne, Arar fut torturé.
Arar, qui s’est décrit comme un ingénieur dans ses veines, ne pratique plus le métier. Il dit que malgré sont blanchiment, il n’a pas réussi à obtenir d’emploi dans son domaine et que chaque refus l’a plongé dans des dépressions qui ont duré un mois.
Le sort a fait qu’il se penche maintenant sur les questions de droits l’homme et les abus perpétués au nom de la sécurité nationale. Arar, qui vient d’obtenir un doctorat en technologie sans fil, a pour restaurer sa confiance en lui, lancer une nouvelle revue internet, www.prisme-magazine.ca.
Il a d'ailleurs lancé un appel aux journalistes canadiens. « Pourquoi n’avons-nous pas de Seymore Hersch au Canada », a-t-il demandé ; faisant référence au journaliste d’enquête américain qui a dévoilé le massacre de My Lai durant la guerre de Vietnam ainsi que le scandale d’Abu Grhraib, plus de trente ans plus tard.
Arar a dit qu’il y a plusieurs questions importantes auquel nous n’avons pas de réponse.
« Est-ce que le gouvernement écoute les conversations des Canadiens au téléphone », a demandé Arar. Selon lui, la révélation que les services secrets ont écoutée les conversations entre des détenus et leurs avocats laisse croire que c’est possible.
Il se demande aussi combien d’autres citoyens canadiens ont été détenus à l’étranger et torturés. Arar a dit que des membres de la communauté syrienne, même de sa famille, ne voulais pas qu’il parle de son cas pour peur des conséquences. Il est possible que d’autres victimes aient décidé de ne rien dire, pour les mêmes raisons.
Arar a dit que c’est dans la nature des gouvernements de ne pas dévoiler de l’information, surtout dans le climat politique qui règne depuis le onze septembre, c’est « pourquoi il ne faut pas abandonner un sujet parce que c’est difficile de trouver des réponses ».
En plus de souligner le rôle de la presse, les panellistes ont aussi fait appel à des réformes judiciaires. Selon Maitre Nathalie Des Rosiers, directrice exécutive de l’Association canadienne des Libertés civile, il faut des lois claires sur le devoir du gouvernement de protéger tout citoyen, peu importe leurs origines. De telles lois, ainsi qu’un ombudsman aiderait à éliminer le haut degré de pouvoir de discrétion dont profite le gouvernement, et dépolitiserait ces cas.