La mort d’un athlète souleve des craintes
La mort d’un athlète souleve des craintes
Jonah Engle, 13 février 2010
Montréal – Malgré l’accident mortel d’un lugeur géorgien, vendredi, lors d’une descente d’entraînement, le comité d’organisation des Jeux olympiques a décidé de poursuivre comme prévu les épreuves de luge, hier, sur une piste modifiée.
Une enquête conjointe de la Fédération internationale de luge et du comité d’organisation a conclu que « l’accident n’était le résultat d’aucune anomalie de la piste ».
Selon ce même rapport, Nodar Kumaritashvili, serait « entré trop loin dans la courbe numéro 16 (et) perdu le contrôle de sa luge ».
L’athlète de 21 ans qui participait à ses premiers Jeux olympiques s’est heurté contre un pilier de métal à 140 km par heure après s’être envolé en dehors de la piste sur la dernière courbe.
Le nouveau Centre de glisse de Whistler, construit au cout de plus de 100 millions $, avait déjà provoqué des soucis parmi certains athlètes et entraîneurs. La piste est considérée l’une des plus rapides au monde et il est difficile d’y manoeuvrer. De plus, les équipes étrangères n’ont pas eu autant de temps que l’équipe canadienne pour s’y entraîner avant l’ouverture des Jeux, ce qui donne un avantage aux Canadiens.
« Je pense qu’ils poussent un peu trop fort », a dit l’entraîneuse australienne Hannah Campbell-Pegg, jeudi. « À quel point sommes-nous des petits lemmings qu’on lance en bas d’une piste et de stupides testeurs d’accident ? Je veux dire, ce sont nos vies ».
L’an dernier, quelques équipes de bobsleigh ont chaviré en descendant la piste. Cette semaine, plusieurs lugeurs ont chuté lors de séances d’entraînement, y compris des compétiteurs très expérimentés comme l’Italien Armin Zoeggeler qui a gagné l’épreuve aux deux derniers Jeux olympiques. Jeudi, une lugeuse roumaine avait perdu connaissance après qu’elle s’était heurtée contre quelques murs.
En décidant de rouvrir la piste samedi, le comité d’organisation a cependant annoncé des modifications. Les hommes partiront désormais du même point de départ que les femmes - qui est plus bas, le mur à la sortie de la courbe où Kumaritashvili a perdu le contrôle a été surélevé, et la texture de la glace a été changée pour la rendre plus lente.
La triste nouvelle a entaché le début des Jeux. La cérémonie d’ouvertures à d’ailleurs été dédiée à Kumaritashvili. Arborant des brassards noirs, les sept membres de la délégation géorgienne avaient les visages tristes quand ils sont entrés dans le stade B.C. Place. Ils ont été accueillis par une grande ovation des 60,000 spectateurs qui prenaient place au stade. Plus tard, la foule a observé une minute de silence en hommage au jeune athlète géorgien.
« C’est une journée très triste pour le CIO », a dit Jacques Rogge, président du Comité international olympique. « Je n’ai pas de mot pour dire ce que nous ressentons ».
C’est la première fois qu’un athlète est mort aux jeux d’hivers depuis 1992. Un skieur de vitesse français était décédé en frappant une dameuse à Albertville. Quatre athlètes ont perdu la vie depuis les premiers jeux d’hiver en 1924, ils ont tous été tués lors de séances d’entraînement.
La GRC poursuit une enquête sur la cause du décès de Kumaritashvili.
Avec l’aide de l’Associated Press.